bien-être et fitness

Bien-être

Si la quête du bien-être est une préoccupation banale et répandue- les gens préfèrent simplement être bien que mal- il ne faut pas oublier que dans toute recherche, dans tout souhait, il y a forcément un risque d’addiction. On l’observe dans la pratique de la course à pied ou dans l’alimentation saine par exemple. Et quand, en plus, le demandeur a une offre de services venant de spécialistes, on se retrouve face à des situations où l’on peut diagnostiquer un syndrome.

Quand le phénomène a-t-il pris de l’ampleur ?

La thématique du bien-être apparaît aux États-Unis, dans les années 60. Elle est alors réservée aux hippies, en plein mouvement de contestation culturelle. On développe l’idée que la société telle qu’elle fonctionne, use et aliène les gens. On prône un retour à la campagne, au spirituel etc. Le phénomène devient massif dans les années 80, avec l’accompagnement rapide des médias, des psychologues, des experts de santé, de la commercialisation. Les choses se sont ensuite rationalisées. Chez les hippies, la quête du bien-être demandait un changement de vie radical, maintenant l’enjeu est de trouver, dans son quotidien de vie ordinaire, des moyens de se sentir bien.

En s’imposant le bien-être comme impératif moral, ne sommes-nous pas en train de nous faire du mal ?

Là est tout le problème du bien-être. Il peut être vu sous deux prismes : un premier qui consiste a simplement profiter de l’instant présent, autrement dit faire ce qui procure du plaisir, un second qui fait plutôt référence à l’ascétisme, à l’ultime contrôle de soi. On se dit que l’on n’en fait pas assez ou qu’on le fait mal. On entre dans un processus totalement contreproductif, on assiste à une culpabilisation permanente qui conduit au mal-être.

Quelles conséquences le comportement peut-il entraîner ?

Le contrôle est une des bases de la société mais trop de contrôle tue la société. Un individu qui contrôle tout est invivable. Dans certains cas, le comportement devient aussi sectaire. Ceux qui ne partagent pas la même vision deviennent des « mécréants », qui représentent la tentation et dont il faut se séparer pour rester fidèle à sa doctrine. On perd le contact avec les autres et on oublie les vrais besoins du corps et de l’esprit. Il est parfois bon, pour notre plaisir et bien-être, de manger des choses grasses par exemple. Trouver son bien-être c’est trouver l’équilibre entre le plaisir et la privation. Il est légitime de faire des efforts pour vivre différemment mais il faut savoir lâcher prise et retrouver un contexte spontané avec son environnement. Nous ne vivons pas dans un monastère.

 

 

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